Posted by: bastien | August 20, 2010

La traversée du Daisetsuzan – jours 4&5

Je vais faire un seul post pour les deux derniers jours car il n’a pas fait tres beau le 4eme jour et je n’ai pas pris enormement de photos. Ce matin la, nous nous levons plus tot que d’habitude, vers 4h00 grace au super reveil de Mitsu, et je nous trouve tres efficace pour demonter les tentes, refaire nos sacs et preparer encore une fois un petit-dejeuner avant de partir. Detail amusant : malgre quelques petites bruines en debut de nuit, nos tentes sont completement seches. Le calme de la nature est siderant. C’est reparti.

Apres quelques centaines de metres de marche en descente, le chemin commence a monter abruptement pour rejoindre une espece de petite corniche. Assez raide de bon matin, cela met en jambes c’est le moins que l’on puisse dire. Une chaine est installee sur le sentier pour aider a la montee, il faut dire qu’en temps de pluie, tout ceci doit etre extremement glissant. La photo ci-dessus est une vue plein sud, une vue de ce qui nous attend, depuis cette espece de corniche. On y voit au loin l’Oputateshike-yama, dont la partie superieure est obstruee par les nuages, bas en ce jour. Mais il ne pleut pas.

On continue notre periple jusqu’a Futago-ike (les etangs jumeaux), a la base du cone. Nous avalons les kilometres sans trop nous en rendre compte, nous pensons que le chronometrage indique par la carte est errone. Peut-etre progressons-nous plus vite car le chemin est (relativement) commode a naviguer? Nous croisons un groupe de jeunes japonais en provenance de Futago-ike, tous equipes d’enormes sacs a dos…

J’ai aussi vu un gros caca d’ours sur le chemin.

A Futago-ike, l’environnement devient plus marecageux. Il est 9h00, nous prenons notre dejeuner (!) au pied de la raide montee. J’apprehende un petit peu, mais au final pas tellement la raideur, mais plutot le temps qui nous attends au sommet. Nous attaquons l’ascension lentement mais surement. Je crois qu’en tout on aura mis 1h30 pour atteindre le sommet, le sommet reel car c’est aussi une de ces montagnes ou on croit etre arrive au bout, mais en fait non. Avant de rentrer dans l’epais brouillard, nous croisons un couple de japonais qui redescendent, nous avertissant de l’abscence d’eau au refuge de Biei-Fuji ou nous nous rendons pour ce soir : il faudra marcher un peu plus loin pour pouvoir se ravitailler.

Le sommet du Oputateshike-yama (2012 metres), enfin. Un vent incroyable nous fera parfois tanguer dangereusement sur la crete qui constitue l’unique chemin vers la suite de la randonnee. La visibilite est tres reduite egalement et il regne une ambiance presqu’etrange. C’est a la fois calme comme la nature sait mettre en paix parfois les gens qui arpente ses sentiers, mais c’est aussi le vacarme incroyable du vent qui manque parfois de nous faire perdre l’equilibre (je n’exagere pas tant que cela).

Plus loin, le Mont Bebetsu, ou nous ne nous attardons guere. Ce fut une nouvelle petite montee pour nos jambes. Apres le Bebetsu-dake, le chemin redescend en pente douce jusqu’a un col (celui existant entre Biei-Fuji 美瑛富士 et Biei-dake 美瑛岳) avant lequel nous bifurquerons pour arriver au refuge. Dans les pierres et les eboulis, le chemin s’acheve pour la journee.

Francois, Claire et Mitsu sont alles a tour de role (sauf pour Francois!) chercher de l’eau au point d’eau que nous avons essaye de localiser sur la carte grace aux indications fournies par les gens arrives au refuge avant nous (ils sont la depuis ce matin et n’ont pas bouges de la journee, a cause du mauvais temps). Ce qui prend en gros une heure aller-retour si ma memoire est bonne. Le refuge est confortable, mais le vent fort fait battre les pans de bois qui constituent ses murs. Des haubans fixent l’installation au sol.

Ce soir la j’ai avale une bonne platree de pates aux champignons dont je me souviendrai longtemps je pense. De toute facon, plus la journee est dure, plus le repas du soir est bon (Francois©). Avec Mitsu nous avons discute avec un vieux oyajis de Tokyo qui nous a raconte sa vie, ses deboires (il s’est fait licencie de son boulot apres avoir insulte son patron dans une soiree un peu trop arrosee comme savent temps bien les faire les Japonais), etc. Il nous a ensuite pollue notre entree dans le monde des reves en ronflant trois bonnes heures entre 19 et 22h. Vraiment les nuits en refuge, je prefere la tente en fait. On dort mieux, il fait plus chaud. Il fait silence.

Le lendemain nous quittons le refuge vers 6h00 je crois, le soleil est la, il faut en profiter. Le vent n’a que peu faibli par contre. Nous remontons vers le col dont je parlais au dessus, entre Biei-Fuji et Biei-dake. Le chemin est absolument magnifique.

Au col, nous prenons a gauche et montons le Biei-dake, que Francois va avaler tres rapidement (je sais plus, il a bien trace en tout cas). Le vent souffle de plus en plus fort.

Au sommet du Biei-dake (2052 metres), nous apercevons le Tokachi-dake, l’objectif principal de cette derniere journee. Le deuxieme volcan le plus celebre de Hokkaido apres le Asahi-dake. Un volcan actif, qui a fait lors de ses dernieres eruptions au cours du 20 eme siecle, des centaines de victimes.

C’est a peu pres la seule vue degagee que nous aurons du sommet. Apres le Biei-dake, nous approchons le Tokachi-dake par la gauche sur la photo en suivant une crete effilee (qui monte, qui descend, qui monte…). Quand on arrive sur les contreforts du Tokachi-dake, le sommet est recouvert de nuage, le brouillard tombe, et le vent se met a souffler encore plus fort que la veille.

Pour ne rien arranger, le chemin est espece de melasse de gravier type de celle qu’on retrouve sur le Mont Fuji par exemple, qui fait bien travailler les mollets. Heureusement, le chemin est tres bien balise, tous les 30 metres un piquet nous rappelle a l’ordre.

Ici nous avons cru etre au sommet. Mais en fait non. Claire et Francois ont fait un film avec leur appareil, c’est surrealiste, je vais essayer de leur demander pour voir si c’est diffusable.

En fait on etait pas tres loin, il y avait juste une derniere montee de 10 minutes avant le sommet, que voici :

Le vent nous portera. Le vent l’emportera, et nous redescendons prestement de l’autre cote. Qu’est ce qui peut bien nous y attendre? Reponse : de superbes paysages entrecoupees de langues de brouillards venant lacerer la caldera volcanique. Mais dans les entrelacements, on apercoit de tres belles choses qui m’auront profondement marque cette journee : ce territoire est immense et sauvage.

Plus loin derriere Mitsu se trouve un refuge dans lequel nous allons prendre une solide pause dejeuner agrementee de bon pate emmene par Claire et Francois (encore eux!).

Le refuge en question. Plus bas il y a une nevee de laquelle on peut puiser de l’eau (et la faire bouillir).

Vue depuis le refuge : ce sommet sera le dernier de la journee, et de la randonnee. On l’a torche en 5 minutes. Il s’agit du Kami-Horokamettoku (上ホロカメットク山, 1920 metres).  Horokamettoku veut dire “source” en ainou. C’est donc la montagne de la “source d’en haut”.

Depuis le sommet, on regarde dans la vallee : c’est la fin de la randonnee, maintenant on redescend! A nos pieds, Tokachi-dake onsen.

Ce chemin est interessant a suivre. On y a croise un groupe de 4 personnes dont un japonais de 89 ans.

En fait tout le chemin suit l’espece de cratere ouvert qui dechire le Tokachi-dake en son milieu. L’odeur est parfois sulfureuse.

Ensuite, nous arrivons a une section avec plein de marches d’escalier en bois. L’endroit est labellise comme “les 300 escaliers” sur la carte. Il y a bien sur bien plus de 300 marches. Fait curieux, nous recroisons ici le groupe de japonais du premier soir au Kuro-dake, celui qui nous avait offert de la pasteque. Ils ont eu un ou deux blesses dans le groupe et certains sont redescendus a Sounkyo derriere le Kuro-dake le matin du premier soir. On dirait qu’ils ont reattaque la randonnee integrale par le versant sud donc, Tokachi-dake.

Et voila, on arrive au Tozan-guchi (registre de randonnee) du Tokachi-dake : c’est fini!

Nous avons bien merite notre onsen je pense. Le soir nous allons rester a Kami-Furano dans un ryokan (une chambre de 8 pour nous 4!). Le lendemain nous avons fait du velo a Biei, ce que je vais raconter dans un prochain post. J’espere que ce recit complet des 5 jours donneront envie a certains de s’aventurer dans les coins paumes de Hokkaido. Apres avoir couvert l’essentiel des randonnees “must hike” de l’ile (voir les autres recits sur ce meme blog, section Japon), je pense que le Daisetsuzan Grand Traverse est la meilleure de toutes. Si vous avez 5 jours devant vous, faites la. Sinon vous pouvez essayer Shiretoko, Rishiri tout au nord ou Meakan, qui offrent des sensations et des paysages de meme envergure.


Responses

  1. La cinquième photo paraît fausse tant le sommet de la montagne semble jaune à cause du soleil.
    Très joli tout ça.

    • Oui jai eu du mal avec la luminosite sur ce coup la…

  2. Magnifique compte rendu! Merci beaucoup pour ce partage et félicitations au photographe, les clichés sont époustouflants!


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