Posted by: bastien | August 13, 2010

La traversée du Daisetsuzan – jour 2

La nuit a ete calme dans sa premiere partie, mais des 4 heures du matin (voir meme peut-etre un peu avant), la majorite des Japonais autour de nous dans la zone de camping et dans le refuge se sont leves, ont tout remballes et sont partis. Si bien que vers 5h30 quand Mitsu et moi nous levons, nous sommes quasiment les derniers a etre encore la a profiter des jolies lumieres matinales, avec egalement Thomas, et un groupe de jeunes japonais qui nous ont d’ailleurs offert de delicieux morceaux de pasteques lors du diner de la veille (oui, ils ont montes une pasteque avec eux… D’ailleurs on a pu avoir un apercu de leur sac plein de bouteille d’eau et de Calpis).

On prend notre temps, on remballe tout et prenons le petit-dejeuner un peu avant 7h00. Puis nous decollons, la journee va etre longue aujourd’hui jusqu’au Chubetsu-dake. Thomas nous laisse ici et redescend derriere le Kuro-dake vers Sounkyo. Direction plein sud vers une riviere en contrebas que nous traversons en jouant les equilibristes.

Puis c’est la montee vers le Hokkai-dake, qui met en forme de bon matin (meme si je traine un peu derriere, petit probleme d’ampoule vite regle grace a Francois et Claire).

La vue depuis le sommet du Hokkai-dake (2149 metres), ci-dessus le cote sud-ouest d’ou nous venons et ci-dessous le cote ouest que que nous avons longe la veille.

A partir de la, nous bifurquons plein sud sur un chemin qui est nettement plus aride, sorte de terre oubliee ou l’on distingue tout de meme quelques ames errantes. Il ne fait pas trop chaud et le terrain monte doucement, c’est plutot tranquille. Nous arrivons tres vite derriere et continuons sur la droite ci-dessous.

On a traverse une petite nevee tranquillement, sur les contreforts du Hakuun-dake (le pic du nuage blanc). On sent que l’ete a du mal a s’imposer ici.

Le Hakuun-dake. Je ne suis pas alle au sommet avec mes camarades, il parait que c’est une vraie forteresse interieure.

Le chemin se poursuit apres cette petite passe : on distingue ci-dessous au deuxieme plan la hutte dans laquelle nous allons dejeuner (et etre interviewes par la NHK), et au loin dans les nuages, le Chubetsu-dake. La route est on ne peut plus claire : sur le plateau longeant les plaques de neige par la droite.

Le refuge. Anecdote amusante donc, on s’est fait interviewer par la NHK (BS) lors d’une halte dans ce refuge pour dejeuner. La hutte etait en reparation et la NHK faisait un reportage sur le parc, et pourquoi on y croise autant de gaijin occidentaux. C’est vrai que finalement, de mon experience, on rencontre dans ces montagnes, une majorite de japonais, du coin ( Hokkaido), quelques gaijin parmi lesquels des francais, suisses, allemands… Moins d’americains, et carrement 0 chinois alors qu’on en a croise en masse dans les villes a Biei et Asahikawa. Ah ces Chinois, a part le shopping, rien de les interesse…

Apres la pause dejeuner (de 10h00 du matin), nous poursuivons notre route sur le long plateau menant en pente douce au Chubetsu-dake. On aura vraiment navigue longtemps sur ce dernier, peut-etre 3 heures en tout. La vue offre souvent de jolis paysages ; la zone est un paradis pour les ours et certains sentiers du coin sont barres pour des raisons de rencontres recentes avec les plantigrades.

Ci-dessous la vue depuis le plateau sur une vallee sauvage abritant sans doute de nombreux ours. Une petite oba-san est d’ailleurs la, sur le bord du precipice, a epier avec ses jumelles si quelque chose bouge en contrebas. A droite de la photo a l’arriere plan, une excroissance : le Chubetsu-dake, qui se laisse approcher lentement.

Mitsu suit derriere, tandis que Francois et Claire sont devant.

Un dernier vallon avant l’ascencion finale du Chubetsu-dake (1962 metres). On aura passe de nombreuses heures aujourd’hui a monter et descendre, a chaque fois en pente douce, sur ce type de terrain. Ce n’est pas tres difficile, mais c’est vraiment long. Heureusement, la vue est magnifique. On a rencontre peu de gens cet apres-midi.

La vue depuis le sommet, ci-dessous plein nord (la d’ou on vient) :

Et au sud :

Sur la gauche on peut voir au fond une montagne avec des sortes de dents rocailleuses sur son large sommet. C’est le Tomuraushi-yama (montagne des fleurs en langue ainoue), un des hyaku-meizan (les 100 montagnes du Japon) et donc plutot prisee des Japonais. C’est ce qui nous attends demain, et nous devrions croiser dans cette zone plus de gens qu’aujourd’hui.

Apres le Chubetsu-dake, nous redescendons pour 40 minutes dans les broussailles qui auront fini de nous rincer pour aujourd’hui. Vraiment avec le recul, cette deuxieme journee aura ete peut-etre la plus dure, car longue, pas techniquement difficile mais comme on est au debut de la randonnee et que la veille on a eu pas mal de denivele, les organismes ne sont peut-etre pas encore dans leur bon rythme.

Le refuge de Chubetsu-dake est une sorte de grand chalet tres basique, avec deux etages (nous dormons au deuxieme, tandis que des Japonais sont deja la depuis plusieurs heures au rez-de-chaussee). Le refuge n’est pas gere comme celui de la veille qui facturait 2000 yens la nuit a l’interieur, et 500 yens le pitch de tente. Ici c’est gratuit (comme d’ailleurs dans tous les autres refuges du parc).

Nous arrivons vers 15h30, de memoire. On a recommence la meme operation que la veille : ebulliton d’une dizaine de litres d’eau puisee de la nevee en contrebas, puis preration du diner, dans le refuge, a la nuit tombee. Les Japonais sont sympathiques et avec Mitsu nous avons discute avec une sorte d’illumine souhaitant absolument voir des ours, et pour lesquels il serait pret a cuisiner un kare-rice (riz au curry japonais) au sommet du Chubetsu-dake pour les attirer a l’odeur. Depuis le refuge nous avons aussi pu apercevoir une harde de cerfs (ezo-shika).

Un couple nous a gentiment prete un stove. Nous avions deux stoves avec nous, mais hier celui de Claire et Francois a lache, nous occasionnant au passage une petite frayeur enflammee – mais le diner a ete sauve. Avec un deuxieme stove, les operations d’ebullition vont quand meme plus vite. Et nous avons emmener tellement de gaz avec nous qu’il serait dommage de ne pas s’en servir, ne serait-ce que pour diminuer un peu le poids des sacs.

Ce soir la, on a pas demande notre reste et on s’est vite endormi. Ce qui aura bien fait marrer Francois d’ailleurs! Demain il va falloir tout remonter (ce refuge est dans un endroit un peu encaisse) et entamer la tres reputee longue approche du Tomuraushi-yama.


Responses

  1. C’est vraiment magnifique de voir ces variétés de paysages et de couleur en un même endroit. C’est ce qui m’avait frappé au Japon : les couleurs que peut prendre la végétation. Les photos sont superbes, le vert est tellement vert qu’on croirait qu’il brille.
    Coup de coeur pour la photo du refuge esseulé.
    Et sinon, tu n’as jamais pu voir le résultat de l’interview par NHK, je suppose ? C’est dommage, ça aurait fait un bon souvenir.


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