Posted by: bastien | July 25, 2009

お金がなくても平気なフランス人と、お金がないと不安な日本人

lecture Voila une bonne lecture, simple, a la demarche interessante, facile a lire, pas trop prise de tete, et qui fait reflechir. L’auteur, Yoko Yoshimura, est japonaise et a vecu plus de 20 ans en France (a Paris, certes). Depuis la fin des annees 70 a nos jours, elle retrace son parcours, ses rencontres, et ses impressions sur les Francais. Le theme principal du livre est aborde dans sa grosse premiere moitie, c’est un comparatif Francais-Japonais sur les rapports qu’entretiennent les deux peuples par rapport a l’argent, et aux choses materielles. Pour l’auteur, le Francais moyen est sans un sou (si on compare a un Japonais) pratiquemment toute son existence, et fais tres attention aux objets qu’il achete ou recoit. Il n’a pas d’argent, il a une bagnole pourrie, une barraque de 200 ans, il ne va pas acheter des sacs Vuitton ou des montres Cartier, mais il est plutot heureux. Les pompes funebres sont du ressort de la Mairie en France. Au Japon il faut arroser (et pas qu’un peu) les moines.

Le Japonais est plein de sous (1ere puissance epargnante au monde) des sa naissance ou presque, les enfants sont gates-pourris (la vie de famille tourne autour des enfants, la ou en France c’est plutot les enfants qui suivent les parents), et les jeunes sont incapables de se demerder par eux-memes, toujours a compter sur un remede miracle, a l’image tres juste des convenience store, ces superette ouvertes 24h/24. En France tout est ferme le dimanche, le lundi et le samedi. Mais c’est vrai qu’on est pas plus emmerde que ca. En revanche le Japonais peterait aisement un cable s’il ne peut plus s’acheter des saloperies a 3h45 du matin au conbini en bas. J’avoue que quand on reside au Japon on prend le pli tres facilement.

Mais sur le plan general, c’est quand meme vrai que le Japonais manque parfois de debrouillardise. Votre batterie de voiture est en rade et a besoin d’un coup de jus pour demarrer? en Amerique, en France, n’importe quel zouave a des pinces dans sa bagnole et viendra vous filer un coup de main salutaire. Mais ici, vous pouvez aisement laisser tomber, ce genre de choses est totalement underground, a la limite faudrait vraiment etre fermier au fin fond du Hokkaido pour justifier qu’on se donne la peine d’avoir ce genre d’equipements et surtout que l’on sache s’en servir. Cette remarque n’est pas dans le livre, c’est un exemple que j’avais lu sur un blog il y a quelques annees, mais qui en gros permet de resumer une des idees clefs du bouquin : oui, en France on utilise le jus de cuisson pour faire une sauce du pauvre avec son steack et ses pates. Oui, les jeunes font du leche-vitrine mais n’achetent en general rien. Et oui, un sac a main sert parfois plus de 10 ans.

C’est quand meme interessant de constater qu’il y a des Japonais qui realisent que le comportement consistant a s’acheter des babioles griffees hyper-cheres n’est pas du tout un comportement d’occidental moyen, mais plutot de pays souvent plus pauvres, Moyen-Orient, Asie, Afrique du Nord, ou alors de nouveaux riches (ben, Japon du coup, puis Chine, Coree du  Sud)… Ca m’etonnerait pas du tout qu’effectivement, pour reprendre un exemple du livre, il y ait plus de femmes avec des sacs Vuitton au Liban qu’a Paris.

Je pense qu’on fait effectivement plus attention aux objets, aux choses. Ici des sommes monstrueuses sont depensees dans des objets, choses qui ne serviront pas beaucoup de temps. Et c’est vrai pour la vaisselle et le set de couverts (l’exemple du service a cuilleres transmis de generation en generation est bien trouve), comme pour les habitations en elles-memes, comme pour les funerailles, comme pour tout. On passe sa vie a deconstruire et reconstruire. Meme les sanctuaires shinto.

La ou j’ai du mal avec l’auteur, c’est qu’elle est parfois un peu trop negative avec ses compatriotes. Pareillement, difficile d’etre d’accord sur tout les aspects positifs qu’elle voit dans la culture francaise. Le mode de vie des Japonais se democratise dans le monde et commence a attirer beaucoup de gens, comme pour contrebalancer le soft power americain des annees 60 a 90. C’est interessant de trouver d’autres modeles parfois, d’autres exemples a suivre dans une culture differente de la sienne. Sur des themes comme la puissance manufacturiere et la qualite de service, le Japon et la Coree du Sud ont des lecons a donner a tout le monde.

Je ne sais pas si le livre est parut en anglais ou en francais, mais si vous lisez le japonais, c’est plutot facile a lire.


Responses

  1. […] les différences qu’entretiennent Japonais et Francais sur leur rapport à l’argent. J’en avais parlé icitte. Le deuxième, c’est In Patagonia, de Bruce Chatwin. Un auteur que je découvre donc […]


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