Posted by: bastien | October 19, 2008

Iles Kouriles – Retour vers la civilisation

C’est la fin de notre petit sejour dans la region, ce matin nous levons le camp et preparons notre voyage retour vers le petit camp de pecheurs appartenant a Felix par lequel nous avions transite a l’aller. Le ciel est degage aujourd’hui, laissant entrevoir le sommet de l’Atsonupuri. Je suis vite pret en fait, ma tente est tres pratique a demonter et a plier. J’ai eu le temps de secher completement mes chaussures de la veille.

La mer est incroyablement calme, en tout cas pour les premieres baies. Mer d’huile, si si, et soleil qui tape. Les phoques l’ont compris et bronzent tranquillement sur les rochers. Ils sont assez nombreux a sauter a l’eau, pas vraiment pour s’enfuir, mais plutot pour etre en securite (ils sont plus agiles, bien plus agiles et rapides dans leur element naturel) tout en restant assez curieux et en s’approchant de notre embarcation. Pas trop quand meme bien sur, mais ils sortent la tete de l’eau et nous fixent.

La chasse de ses animaux a du etre arretee depuis longtemps. Ils ont sans doute aide les Ainous qui peuplaient ces iles pendant des siecles pour tenir pendant l’hiver.

Le Mont Atsonupuri s’eloigne petit a petit, il faut en profiter car je ne pense pas que je le reverrai de si tot (mais qui sait?). Sasha nous suit avec les ornithologues derriere. Ils sont 4 avec TOUT leur materiel! Au debut je n’y croyais pas quand ils ont empiles leur affaires sur la greve, mais en fait, quand je regarde comment nous sommes charges egalement, Valentina, nous 4, et Andrei, plus les nourrices d’essence… Non franchement, heureusement que la mer est calme en fait (pour le moment).

Sur la mer silencieuse, nous ne sommes pas seuls. On dirait un vaisseau fantome (est t-il abandonne?), mais il appartient au monde concret et reel, celui de l’economie de l’ile. C’est un de ces navires usines qui doivent posseder des equipements de refrigeration pour le poisson et qui font le tour des iles pour recuperer les prises des colonies de pecheurs, clairsemees le long des cotes.

Je garderais comme souvenir principal d’Iturup sa nature implacable, omnipresente. Le cote sauvage de cette contree… Il me plait de penser que tout dans certaines regions n’a pas encore ete explore, qu’il y a encore des choses a decouvrir, des choses a comprendre. Et en l’occurence ici, non pas des sentiers a explorer (puisqu’ils n’ont pas ete defriches!), mais des montagnes et forets a l’etat brut a admirer et proteger.

Le vent s’est leve en fin de parcours, et nous avons ete copieusement arrose, ce fut memorable. Andrei voulait nous amener plus loin en fait, jusqu’a l’autre hameau duquel nous avions marche quelques heures avant d’atteindre celui de Felix a l’aller, la ou en fait commence la route pour Kurilsk. Mais finalement, la mer a eu raison de nous, enfin le vent surtout.

Une fois au camp de Felix, nous avons le droit au meme genre d’accueil que la derniere fois, c’est-a-dire tres chaleureux et copieux. Valentina essaye de joindre le chauffeur qui nous avait emmene de Kurilsk jusqu’au premier hameau dont je parlais plus haut, celui situe a 2-3 heures de marches de celui de Felix vers le nord est. Mais finalement celui-ci ne peut pas venir, ce sera demain. Donc nous installons tranquillement le camp a l’exterieur dans la baie, pres de la maison des pecheurs ou nous prenons nos repas.

Nous disons ensuite au revoir a Andrei et le saluons bien bas. Il retourne “chez lui”, pres du Mont Atsonupuri. Je crois que je suis pas pres de l’oublier, quel personnage!

Les pecheurs partent en mer en soiree, et nous profitons de leur presence pour tenter de communiquer avec eux. Je dis tente car sans Valentina partie se reposer, c’est un peu epique pour arriver a comprendre ce qu’ils disent. Surtout que certains ont semblent t-ils deja un petit coup dans le nez pour la journee… En fait demain, nous ne marcherons pas sur le sentier que nous avons emprunte a l’aller pour venir ici, Felix a propose que son equipage nous emmene a la premiere heure jusqu’a l’endroit ou l’ami de Valentina doit venir nous chercher pour rentrer vers Kurilsk.

Le 27 aout nous devons etre de retour a Kurilsk imperativement pour esperer attraper le ferry back to Sakhalin. Mais il peut aussi n’etre la que le 28. En attendant, nous prenons du bon temps : saumon, the, pancakes made-in-Iturup, etc.

Apparemment il y a une source d’eau un peu speciale a quelques encablures de la baie, vers l’interieur des terres. Nous partons donc pour une courte escapade le long d’une riviere (oui en fait on marche dedans). Volodia a pris sa camera pour filmer quelques sequences de nature sauvage…

Pour ma part je reste interloque par ce rocher ci-dessous qui rappelle la silhouette d’un improbable gorille, colosse de pierre avec une pinede en guise de fourrure.

Ce coin est vraiment enchanteur, par contre y vivre toute l’annee comme font apparemment 2 de nos hotes, ca doit pas etre evident… Le seul moyen de locomotion quand on veut voir du monde au coeur de l’hiver, ce sont les skis.

Le jour decline et c’est l’instant ou les pecheurs affretent leur embarcation pour la partie de peche quotidienne. Ils sortent de 17h jusqu’a 22-23h environ.

Un gentil chien de garde qui a l’air tout triste…

Le ciel est beaucoup plus couvert le lendemain. Une fois que tout est empaquette, et apres un enieme petit dejeuner au khaviar+saumon, nous embarquons a notre tour sur le bateau de Felix. Son capitaine nous dit ou se placer (ce n’est pas Felix, Felix est juste le proprietaire), et l’equipage monte aussi avec nous. Je crois qu’apres nous avoir depose, ils vont faire une session de peche matinale. Les ornithologues sont toujours avec nous, et eux aussi embarquent leur materiel sur l’esquif.

Tout se passe tres bien, on suit du regard la cote et le chemin que nous avions arpente a l’aller, avec les phases d’ascension, de descente, de marche sur la plage…

L’entree dans cette nouvelle baie est assez delicate, etroite. Mais tout se passe sans encombre et nous debarquons sur un quai en dur : les traces de civilisation reapparaissent petit a petit. Nous remercions les pecheurs et leur souhaitons bon vent.

C’est bientot l’heure des separations egalement avec les ornithologues : leur chauffeur est arrive avant le notre, et ils repartent vers Kurilsk. Nous devrions encore nous croiser car je presume qu’eux aussi vont tenter de prendre le ferry pour Sakhaline.


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