Posted by: bastien | October 8, 2008

Iles Kouriles – Le Mont Atsonupuri (2)

Aujourd’hui, c’est la journee hardcore par excellence. Soleil et ciel degage au petit matin (ouais enfin, vers 7h00 quoi…) => ascension du Atsonupuri possible! Vraiment c’est le tank qui nous a reveille : il fait beau et il nous avait promis de venir (depuis le camp de peche que nous avons visite l’autre jour) si la meteo etait bonne. アトサヌプリに登る唯一のチャンスだ!!

Finalement c’est deja le cinquieme jour deja que nous sommes au camp d’Andrei dans la Baie d’Odesskiy. Je recapitule un peu au niveau geographie, car ca fait longtemps que j’ai plus mis de cartes dans mes posts. Ne vous inquitez pas, il y en aura une dans celui-ci!

Le role du tank en fait il est pas complique : vous voyez la montagne au loin la-bas? C’est la ou on va. Sauf que depuis le camp, il faut plus d’une journee a pied pour faire l’aller retour. La raison? Une grande portion du chemin jusqu’a la base du cone est en fait completement inonde de boue. Et ensuite…. Ben ensuite, il n’y a tout simplement pas de sentier quoi. Rien. Il faut couper a travers la vegetation et cela peut prendre enormement de temps, et c’est juste pas forcement super simple quoi, le bush est incroyablement dense par ici.

Le tank en lui meme a un petit cachet tres guerre froide, c’est une vieillerie sans nom, n’ayons pas peur des mots. Il n’a pas de canon, n’exagerons rien. C’est une sorte de gros rattrack pour charrier des troupes. Son (jeune) pilote m’a pourtant fait une tres forte impression (on le voit sur la premiere photo du post) : il connait la mecanique de son engin par coeur. On dirait qu’il l’a deja demonte et remonte piece par piece. Lui seul sait le faire demarrer. Il conduit un peu comme Ace Ventura, avec la tete par la fenetre pour une “meilleure visibilite”. Les connaisseurs visualiseront la scene j’imagine.

La premiere partie dans le tank etait assez confortable, une promenade de sante. Par contre le bruit est completement assourdissant. Ensuite, quand nous avons rejoins la foret, ce fut bien plus epique, meme si nous suivions une sorte de petit sentier, les branches etaient bien souvent trop basses, nous obligeant a nous contorsionner et faire du damage control. En raclant les arbres, nous recuperons une quantite phenomenale d’ecosystemes, d’insectes, de chenilles, de vegetation, de branches, de particules… Qui nous recouvre integralement. Heureusement les tiques ne tombent pas des arbres, enfin je crois. Andrew avait une bien belle chenille sur son chapeau! Frederik en a pris une photo, je crois. Si je peux je donnerai un lien.

En fait ce qui nous a le plus surpris avec ce tour de manege un peu particulier, c’est sa longueur. Sans rire on a bien du rester au moins 2 heures la-dedans, a s’enfoncer toujours plus loin dans la foret, le terrain s’elevant petit a petit comme pour dessiner la forme conique du volcan…

Pour la montee, Andrei, Valentina, Frederik, Christian, Sasha et moi, debarquons du tank. Andrew reste avec les forestiers et les pilotes qui ont prevu d’aller a Kamui-kotan (oui bon je sais j’abuse avec le nom en ainou la… mais le nom russe est tellement imprononcable!). Une fois laches dans la nature, les choses serieuses commencent. Pas de chemin, Andrei qui connait la region par coeur veut se diriger vers une sorte de tranchee qui court le long du volcan et qui pourra faire office de sentier. Dans le bush, les bambous et le chaos de la vegetation, nous suivons donc sa boussole (c’est surrealiste en fait!)… Et debouchons finalement sur cette tranchee en une vingtaine de minutes. Pas si terrible.

Ensuite donc, c’est la montee. D’abord deux heures sous la ligne des arbres, un chemin tres accidente, ou nous avons du user des biceps de Frederik pour nous hisser sur les bords les plus abrupts. Nous avons aussi contourne a travers la foret sur les cotes a deux reprises. La c’est de l’escalade pure et simple, pas facile avec le sac a dos. Mais bon, petit a petit…

… On arrive a depasser la ligne des arbres. Et donc la la temperature descend drastiquement, le vent se leve. Le sommet du volcan est deja couvert par les nuages! Mais tant pis! On est arrive la, maintenant on va jusqu’au bout quoi. Sur la photo ci-dessus, c’est la vue a gauche de moi. En fait en forcant bien les yeux sur la ligne d’horizon de la mer d’Okhotsk, au milieu un peu a droite, vous distinguerez une toute petite forme triangulaire : c’est le Mont Tyatya de l’Ile voisine de Kunashir! Voir la carte ci-dessous pour plus d’explications :

A droite : Iturup. A gauche : Kunashir.

A partir de la, c’est bete comme choux : tout droit jusqu’en haut! Ce fut raide, et heu… mouvant? Oui car le sol c’est du gravillon de moyen calibre, on s’enfonce parfois jusqu’a la cheville. L’impression de marcher dans la semoule. Et surtout c’est HORRIBLEMENT fatiguant. Ci-dessous c’est la vue a droite de moi, on distingue le lac que nous avons longe il y a 3 jours. Et aussi le volcan qui surplombe notre camp, au nord est.

Le Mont Atsonupuri est, a l’instar du Mont Tyatya sur Kunashir, un volcan summa, c’est a dire avec un premier cratere, large, qui s’est effondre, et puis un deuxieme cratere, plus petit en diametre, qui “pousse” au milieu. Donc en fait quand on fait l’ascension, on arrive a un premier ridge, un premier bord de volcan. Ensuite ca descend un peu derriere, et ca remonte jusqu’au sommet final. En fait nous nous sommes arretes dans le creux pour dejeuner. J’en ai profite pour faire une photo. Donc de gauche a droite on a Valentina, Sasha, Frederik, Andrei, moi et Christian. Le sol est couvert de baie, Sasha fait un feu. On se seche un peu. Il fait vraiment pas chaud, mais il ne pleut pas.

Ensuite donc nous repartons tous sauf Sasha pour le vrai sommet, a encore une heure de montee dans le brouillard, et surtout le vent, absolument terrible. Pourtant on est a peine a 1200 metres d’altitude. Vraiment le climat est rude ici, comme a Hokkaido.

Cette pierre en dessous… Je sais, elle est pas tres belle, elle a pas d’interet esthetique. Sauf que c’est le sommet de la montagne en fait, et on a tellement sue pour arriver la que ca vaut bien un petit cliche…

…Et un petit coup. Andrei me confie que je dois etre le premier Francais sur ce volcan… Ou pas loin du premier. Ce qui ne me fait ni chaud ni froid, car n’oublions pas que j’ai renie mon ame de patriote et que je suis la en tant qu’espion pour le gouvernement japonais!

Et la donc c’est le cratere… Un peu de brouillard, mais il y a de la verdure. Andrei nous confie qu’une fois il a croise un ours ici (!). Diable, que pouvait t-il faire dans un endroit aussi paume? Peut-etre y pousse t-il des baies comme la ou nous avons laisse Sasha.

La descente est rapide, et surtout tres belle, les nuages se degagent au fur et a mesure, laissant apercevoir de beaux paysages rudes et desoles et sauvages comme je les aime.

J’aime bien ces petites herbes oranges et vertes qui poussent sur le sol noir et caillouteux du volcan. Voyez, on distingue bien l’interieur du premier cratere en fait, le rebord est a gauche.

Nous repassons au-dessus du premier rebord, et entamons la descente sur le gravier tres mouvant. Andrei et Sasha courent, c’est vrai que ca va plus vite finalement. Je m’arrete entre deux slaloms pour prendre des photos.

Sur la photo ci-dessus, en fait c’est une vue “en face”, dos au sommet. Quand je descend. Valentina est un peu devant la, et Andrei est deja tout en bas ou presque (quel athlete! Et pourtant il fume comme un pompier). Sur la droite on a donc le camp de pecheur du premier jour, Kamui-kotan. Et sur la gauche en fait, tout au fond juste derriere la bande verte clair pres de la cote, notre bivouac.

Jusqu’a la ligne d’arbre, on a descendu en 5 minutes (!) ce qui nous avait pris 1 heure ce matin. Puis 1 heure dans la tranchee creusee par le volcan. Puis re-bambous et re-bush et nous debouchons sur la route boueuse ou le tank nous avait laisse. Sauf qu’il est pas la pour nous attendre (et puis quoi encore?), non en fait il est au hameau de pecheurs. Nous marchons donc sur ce chemin incroyablement boueux pendant deux bonnes heures avant de retrouver Andrew et les autres la bas. De la, le tank, qui a subit une revision mecanique (en temoigne la photo ci-dessous ou on lui remet sa chenille!), nous ramene au camp avec Andrei et Sasha.

Au camp je suis creve, tout le monde est creve, et hyper crade. Ce soir on va vraiment bien dormir.

Le soir j’echange avec Volodia (le veterinaire qui est avec Sasha (l’autre) et Katerina) et lui fait voir mes photos. Il me montre des photos d’une de ses missions en Mer Noire, lors d’une recente pollution due a un petrolier.

Apres un repas de poisson, un enieme delicieux repas de saumon (cette fois on a fait revenir a la poele avec des pancakes aux oignons).

Le coucher de soleil est magnifique encore, on voit bien le chapeau nuageux recouvrant le Mont Atsonupuri. Ce soir au camp, on retrouve en fait des Russes que nous avions croises dans le ferry au depart de Sakhaline, deux peres de familles avec leurs fils venus de Moscou pour… pecher!

C’etait notre dernier jour ici, demain nous repartons vers le nord est de l’ile.


Responses

  1. Pfouhlalah…Absolument terrible ce trip…Mais je suis sûr que le résultat valait ces efforts. Bravo pour tout ça, c’est très fort d’arriver à se bouger comme ça.


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