Posted by: bastien | September 17, 2008

Iles Kouriles – Débarquement à Iturup

Le ferry quitte la baie de Shikotan vers minuit, nous dormons deja profondement dans nos cabines en fait. Plus tard, la mer s’agite et nous sommes ainsi secoues une bonne partie de la nuit jusqu’au matin. Mais je dois dire que je n’ai pas senti grand chose en fait avant le reveil. Juste avant le petit-dejeuner, j’arrive a prendre une douche tant bien que mal a cause du tangage. Puis je vais respirer l’air du large sur le pont. Encore une epreuve, mais je dois avoir une meilleure oreille interne que mes camarades qui ont du prendre des medicaments contre le mal de mer. Cela dit, l’equipage n’en menait pas large non plus.

Nous longeons la cote d’Iturup, elle semble vraiment sans fin et s’etirer a l’infini vers le nord-est. On sent vraiment que l’on arrive quelque part tres loin de tout.

Iturup a l’air petite comme ca sur la carte (je vais essayer d’ameliorer ca), mais l’ile a une longueur d’au moins 200 kilometres. Sa largeur par contre varie entre 7 et 27 kilometres. Je crois d’ailleurs que l’endroit de l’ile qui fait 7 kilometres de large abritait une base a l’epoque japonaise, base de laquelle est partie le fameux porte avion duquel sont partis les bombardiers et autres avions de combat de l’armee aerienne de la marine japonaise lors de l’attaque de Pearl Harbor, en 1941.

Ce navire echoue sur la cote de Iturup a des airs fantastiques… Ici notre ferry jette l’ancre, et un plus petit bateau-bac similaire a celui d’hier a Kunashir vient nous debarquer. Comme je le disais dans le precedent post, Kurilsk, la capitale administrative de l’ile et port principal ne dispose pas d’un quai suffisamment grand pour que le ferry puisse y accoster. La mer est agitee et les eaux sont de plus assez peu profondes, on comprend que le capitaine ne se risque pas plus loin vers la cote.

Le debarquement prend un peu de temps. Il ne pleut pas c’est deja ca, mais le volcan qui surplombe Kurilsk est dans les nuages. On est passe par je ne sais plus combien de controle de passeports, de permis FSB (cf. les gardes-cotes ci-dessous), de billets d’embarquements, mais enfin on y est! Le pied est pose sur la Terre promise, et deux amis de Valentina sont la pour nous accueillir.

Pas un mot d’anglais mais des sourires, un accueil chaleureux. Nous partons pour 3 jours dans la nature, donc nous allons faire des courses de nourriture dans une des nombreuses petites epiceries en bois de Kurilsk. Je me demande si je pourrais retrouver l’ancien bureau de poste japonais dont j’ai une photo avec moi, etant donne que toutes les constructions se ressemblent. Ah oui, et je confirme : aucune route un temps soit peu goudronnee nulle part. Les voyages en voitures se feront au mieux sur de grossieres routes forestieres. Bien que nous la decouvrons sous les jours meilleurs de l’ete, la vie semble rude ici, avec des hivers rigoureux et une isolation (aucun ferry entre octobre et avril) peu commune, ils sont quelques milliers a vivre sur Iturup. La population augmente fortement en ete lors de la saison de peche (environ 6000 personnes en tout vivent alors sur Iturup).

Nous deposons nos affaires dans la maison d’Anatoli, un tres bon ami de Valentina, journaliste local et amoureux de Iturup. Sa maison est peinte en bleu, c’est amusant. L’interieur est tres sympa et a l’air confortable, bien que simple. J’ai remarque les paires de ski de fonds, sans doute un bon moyen de locomotion l’hiver. Nous repartons vers 13h30 a 2 voitures dans la montagne, vers le Mont Baransky. Vous remarquerez sur la photo ci-dessous que le volant n’est pas a gauche : Anatoli, comme presque tout les habitants de l’ile, possede un vehicule japonais. Dans l’ensemble la tendance est au pick-up, minivan, 4×4, camionette, etc. Pas de Smart ni de Fiat mini…

En chemin nous stoppons au sommet d’une petite colline pour admirer la vue aux alentours : c’est la que je realise qu’Iturup est completement sauvage, recouverte d’une epaisse foret verte de differentes essences d’arbres, a premiere vue assez similaires a celles des coins les plus recules de la Peninsule de Shiretoko, a Hokkaido : des sapins, des epiceas, des pins nains siberiens, des melezes, sans doute aussi des aulnes et des bouleaux, etc.

Au pied de la montagne se trouvent deux stations geothermiques. Celles-ci utilisent la chaleur contenue dans les entrailles du volcan (le Mont Baransky a vu sa derniere eruption en 1951 je crois) pour produire de l’electricite. Kurilsk notamment est alimente par ce systeme. Nous installons notre campement non loin de la, dans un endroit agreable, mais qui aurait pu etre encore mieux sans les debris rouilles d’une ancienne station de forage sovietique qui jonchaient le sol par endroits. Nous resterons la deux nuits, le temps de faire des ballades dans le coin et escalader le Mont Baransky.

Notre premiere excursion se concentre sur une des deux stations geothermiques et ses alentours, notamment des rivieres sulfatees avec des fumerolles. Comme on en trouve a Hokkaido en fait, l’endroit rappelle fortement Shiretoko, en encore plus sauvage, plus vaste, plus… ultime.

A une difference pres tout de meme, la presence en abondance d’une sorte de meleze aux branches en formes de grands plateaux horizontaux (cf. photo ci-dessous) qu’il ne me semble avoir jamais observe a Hokkaido. Valentina confirme qu’on en trouve au Kamchatka, par contre. Je crois que je n’oublierai pas ces montagnes couvertes de vert a perte de vue.

Frederik a l’air tout petit a cote de la station…

En passant sous la fumee de vapeur d’eau emise par la station, on recoit une fine pluie d’eau presque fraiche. C’est amusant.

Du vert, du vert, toujours du vert… Pourtant sur cette photo, on voit quelque chose de particulier. Enfin je sais pas si vous avez toujours en tete la carte de Iturup un peu plus haut. Kurilsk est au bord de la Mer d’Okhotsk, mais sur la photo ci-dessous, c’est l’Ocean Pacifique, l’autre cote de l’ile, que l’on peut observer tout au fond.

Nous nous aventurons ensuite autour d’une riviere qui court le long de la montagne, vers une vallee, et qui est noyee dans les fumerolles qui se degage de son sol sulfureux.

Je suis plutot habitue a ce genre d’odeur maintenant, mais c’est toujours marrant de se perdre dans ce brouillard de soufre. Ci-dessous, on peut voir de gauche a droite Christian, Andrew et Valentina qui essayent de se frayer un chemin.

La riviere s’accumule parfois en petite mares dessinant sur le sol des yeux couleur d’emeraude remplis d’une eau a 80℃ .

La riviere continue plus bas dans la vallee, pres de notre campement, en une grande source d’eau chaude dans laquelle nous nous relaxons pour terminer la journee. Beaucoup de jeunes Russes, des familles et aussi des plus anciens sont la. Nous dissertons brievement avec des jeunes sur la Georgie, Poutine, etc.

Une fois revenus au camp, Frederiks et moi preparons un bon feu. Il est vraiment genial ce Frederik, intelligent, interessant, rigolard… Valentina a prepare un super diner et du the a profusion. On boit enormement de the depuis le debut du voyage, j’aime bien ces moments simples. Valentina est kazhake, peut-etre boivent t-ils du the en quantite dans ce pays?

Demain une rude randonnee nous attends.


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