Posted by: bastien | November 10, 2008

Iles Kouriles – Retour dans la nature de Sakhaline

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Ca y est, le voyage touche a sa fin. Depuis 2 jours, l’inquietude est palpable au sein de notre equipe : allait t-on pouvoir monter sur le ferry de retour a Sakhaline? Iturup est merveilleuse, mais la perspective d’y passer un hivernage  ne semble pas faire l’unanimite…  Et c’est dans ces moments la que j’ai brutalement compris ce que voyager dans le monde russe signifie.

A l’aller, absolument aucun probleme pour reserver les billets du ferry et tout. Mais au retour, non. On doit se pointer au port et voir si le capitaine autorise des passagers a monter a bord, ou non. S’il y a des places de libres (des gens sont t-ils descendus a Kunashir et Shikotan?, etc.), alors ca devrait etre bon. Mais le ferry fait aussi fonction de la meteo et n’a pas de chemin definit : si la meteo est mauvaise, il va d’abord a Kunashir et Shikotan, et apres a Iturup. Comme a l’aller. Et la c’est apparemment ce que le ferry a fait. Donc il est possible qu’il y ait moins de place dans le ferry, et tout et tout… Les “legendes” circulent, “il parait que seuls 40 personnes vont pouvoir monter”, “la saison de peche est bientot finie, donc beaucoup vont rentrer”, etc.

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Bref, nous nous retrouvons sur le quai le matin du 28 aout, devant l’echelle d’embarquement. Nous sommes les premiers, mais sachant tres bien que cela ne veut pas dire grand chose ici. Le “passeur” comme je l’appelle faisant d’abord monter les locaux puis les gens avec des enfants, etc. Ca poussait fortement derriere, je me suis fait serieusement chahuter par des gens en colere qui poussaient, poussaient tout le monde pour passer devant. Meme le pretre de l’eglise orthodoxe etait la pour tenter de quitter l’ile. Il etait juste a cote de nous et pourtant n’a pas reussit a monter dans le bac qui nous amene au large (le ferry est au large, le port d’Iturup n’a pas de quai assez long et n’est pas assez profond pour permettre un accostage). Pas de systeme de tickets : ils sont achetables uniquement une fois a bord du ferry (!).

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Alors comment nous, simples touristes, sommes montes a bord? Simple : la tchatche de Valentina avec l’ingenieur du bac, et un gros backshish. Corruption quoi, de toute facon ce systeme de ferry monopolistique est parfait pour la corruption. C’est bizarre tout les sentiments qui m’ont traverses au moment de monter a bord du bac. Les gens en colere derriere. Nous et les ornithologues qui, grace a un coup de fil opportun a leur employeur a Moscou, ont egalement reussis a monter a bord. En fait le coup de la priorite aux locaux, c’est du vent. Monte celui qui a les pistons, la tchatche et l’argent. Triste, mais c’est ainsi. Evidemment une fois a bord, on relativise, et la soiree passe agreablement en compagnie de Volodia, Sasha et Katerina, ainsi que 2 Finnois rencontres a bord revenant de Kunashir. Femmes enceintes et familles ont pu monter a bord en nombre quand meme, mais beaucoup de gens sont restes a quai. Pour eux ce sera l’avion (petit 40 places, 3 fois par semaines), le prochain ferry dans une semaine (et dans les memes conditions), ou rester sur l’ile. Pour l’hiver ou toujours. Lost.

29/08

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Lever sur le ferry, aux abords de Korsakov. Apres un debarquement rapide, Arthur est la avec son minivan pour nous rapatrier sur Yuzhno-Sakhalinsk. La nous avons une grosse heure pour faire les courses (nourriture), car nous repartons plus loin sur la cote est, au sud est de Yuzhno exactement, dans un endroit assez sauvage mais assez connu et apprecie des gens de l’ile apparemment. Arthur nous accompagne et restera avec nous cette nuit. En fait, l’endroit n’est pas tres eloigne – une centaine de kilometres – mais la route est majoritairement forestiere, et il a apparemment beaucoup plus ces derniers jours par ici. Nous traversons des centaines de tres grosses flaques au fur et a mesure que le van s’enfonce dans la foret.

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Apres 3 heures de route et de paysages assez finlandais dans le genre, on debouche sur une baie tres sauvage (a part le camp de pecheurs, surement illegal), la taiga echouant brutalement dans la mer ou nagent de nombreux saumons essayant de remonter les quelques torrents se jetant ici en Mer d’Okhotsk.

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Une fois les tentes montees, quelques pecheurs nous offrent des saumons tout juste peches que nous preparons (vidons) et enveloppons dans des feuilles de fuki. Nous avons des difficultes a allumer un feu car tout est humide, mais finalement nous arrivons a preparer tout cela comme il faut sur les braises. Tres bon. Sauvage, un peu. Arthur est vraiment tres sympathique.

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Le lendemain, nous avons plie bage et fait une sympathique petite ballade le long de la cote dechiquetee. des paysages vraiment irreels, j’ai pris conscience ici que Sakhaline est vegetalement different de Hokkaido. La on est plus dans le registre taiga quand meme, un peu plus nordique encore. C’est donc aussi un environnement different des Kouriles, enfin je trouve.

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Allez petits saumons, remontez la riviere! Le premier arrive a le droit a une tapette de se reproduire. Gaffe aux ours quand meme, et meme aux humains qui peuvent te choper a mains nues, meme pas peur.

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Nous sommes ensuite revenus sur Yuzhno-Sakhalinsk grace au minivan magique d’Arthur, non sans un arret pique nique au saumon sur une des longues plages presque desertes de la cote est-sakhalinienne.

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