Posted by: bastien | June 15, 2007

Hokkaidō~Le Cap Erimo

Le bus pour Urakawa part a 8:10 de la gare routiere de Sapporo, celle juste au-dessous de Bic Camera. Ma prochaine destination est le Cap Erimo, la pointe sud de la region du Tokachi et de la chaine de montagnes Hidaka. Pour y aller c’est un peu la croix et la banniere niveau transport. Un bus direct part de Sapporo, mais en fin de journee pour arriver en debut de soiree (enfin, a 20:00 passe) a Erimo (qui n’est meme pas encore le Cap).

J’ai trouve une alternative avec ce bus pour Urakawa, a une soixantaine de kilometres du cap. De la je prends un train qui poursuit jusqu’a Samani. Et de la, un bus pour le fameux Cap.

J’ai dormi pendant l’essentiel du premier trajet en bus. La route n’est pas si pittoresque, surtout entre Sapporo et Tomakomai. Pour le reste, il ne s’agit que de mer et de cotes toutes simples entrecoupees par de petits villages de pecheurs occasionnels. Une fois a Urakawa, je fais des courses pour le diner et le dejeuner. Je vais ensuite attendre le train dans la minuscule gare de Higashi-cho. C’est vraiment paume. Beau, pittoresque, mais paume.

Le train arrive sur les coups de 13:19. Il met 20 minutes pour rejoindre le terminus a Samani. Le paysage prend de l’ampleur, cote mer et aussi cote interieur, avec de belles montagnes couvertes de riantes et genereuses forets dorees. Samani ressemble a une ville du Far West perdu au milieu de la nature. La personne en charge du Tourist Information Center me renseigne sur le Cap Erimo. A priori il est bien possible de voir des Phoques des Kouriles, mais il faut faire avec un peu de brouillard. Je suis etonne car le ciel est bleu cristallin.

Le bus arrive a 14:00 et mettre une petite heure pour enfin atteindre le Cap. Cote paysage, c’est surtout l’interieur des terres qui m’a marque : c’est completement sauvage, avec des ranchs, des fermes et les dernieres montagnes des Hidaka, dont le Apoi-dake m’interpelle pour une randonnee demain, randonnee mise en avant dans les brochures touristiques de la region.

Cette region est reputee pour ses chevaux, qui donne parait t-il de bons coureurs. La region du Cap s’annonce enfin : une petite base militaire sur la toute derniere montagne des Hidaka, puis un grand plateau battu par les vents, avec des daims que l’on apercoit furtivement entre deux taillis. Puis enfin, les falaises, abruptes et venteuses. Je comprend ce que la personne du TIC voulait dire par brouillard : de petits rideaux d’ecume fouettent les lieux, genant un peu la vision a certains endroits. Mais comme ca souffle fort, c’est en mouvement constant. En fait on dirait de l’ecume balayee par la brise.

Le Cap Erimo est donc cette pointe sud du grand parallelogramme qui constitue l’essentiel de l’ile de Hokkaido. Deux courants majeurs doivent converger ici, avec un vent constant egalement, donnant l’impression d’arriver a une sorte de fin de la terre.

Les Phoques des Kouriles me sont invisibles a premiere vue. Au musee on me dira qu’ils sont sur les rochers au large du Cap et des falaises, et effectivement, avec une longue vue, on voit bien que ca pullule. 400 betes environ habitent la region. On les appelle Zenigata en japonais car leurs taches blanches rappellent l’ancienne monnaie du Japon. Je reste la 3 heures, a me promener, saisir l’opportunite d’un instant ou le voile d’ecume se leve pour mitrailler avec mon reflexe. Je ne sais pas trop ce que ca donnera, meme avec l’objectif au maximum. Mais je suis heureux car j’ai pu les voir grace a la longue vue du musee (on paye 500 yens l’entree, mais on peut rester autant que l’on veut).

Enfin, a l’objectif, j’arrive a reperer quelques phoques. Sur la photo suivante, vous pouvez les distinguer sur les rochers au premier plan : les petites formes noires sont des cormorans, les blanches sont des mouettes, et au milieu, vous pouvez voir trois petites taches patatiformes grisatres : ce sont les phoques en train de faire la sieste.

Je les observe ainsi depuis la plus proche falaise, loin devant l’observatoire du musee. Ce musee contient aussi des attractions autour du theme du vent, dont une soufflerie geante envoyant des bourrasques a 25 m/s. Amusant.

Le soir tombe et je decide de revenir vers Samani et le Apoi-dake que j’escaladerai demain (seulement 800 metres d’altitude, mais une vue splendide parait t-il). J’achete du saumon seche dans le magasin du Cap, je m’imagine deja demain sur le sentier en train de rousiguer un morceau de cette viande tel un Ainou. Un achat que je vais peut-etre regretter, vous allez voir pourquoi.

Le bus de 18:00 me ramene au terrain de camping pres du sentier pour le Apoi-dake. Il s’agit d’un parc pres de Samani, avec tables de pique-nique, sanitaires, attractions pour enfants, bref, LE parc. Mais… Je suis tout seul! En effet la saison n’est pas vraiment a son paroxysme, qui plus est cette region de Hokkaido n’est pas la plus touristique car eloignee de tout.

En m’avancant dans le parc j’ai une frayeur en voyant un peu partout placarde des panneaux prevenant de la presence d’ours. Je crois que ca me marque plus maintenant que j’en ai vraiment rencontre un dans les montagnes de Shiretoko. Et la encore, je suis seul. Bon j’ai ma petite clochette avec moi, et je ferai vraiment du bruit cette fois en marchant. J’ai mon couteau aussi. Par contre evidemment, le saumon seche attendra un peu avant le festin. Ce soir je dine un peu a l’ecart de ma tente, pas trop rassure, j’essaye de ramener le moins d’odeur de nourriture pres de ma couche.

Bon, on verra demain ce que ca donnera. Disons que je serais rassure a 100% si j’avais avec moi un de ces sprays au poivre.


Responses

  1. [...] nous avons aussi pu apercevoir des Phoques des Iles Kouriles. C’est la meme espece que j’avais observe l’an dernier au Cap Erimo a Hokkaido : leur corps est couvert de taches argentees rappelant l’ancienne monnaie japonaise et [...]


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