Apres mes peregrinations dans le Daisetsu-zan National Park, je suis remonte vers Asahikawa. Je rappelle que Zlathy m’avait laisse en gare routiere de Kitami juste apres Shiretoko car elle souhaitait rentrer sur Sapporo dire au revoir a des amis. Nous sommes senses nous rejoindre a Wakkanai, la pointe extreme nord de Hokkaido, deux jours apres mon arrivee la-haut.

Pour ma part, je trouve rapidement un mini-bus qui m’y emmene en fin d’apres-midi, au depart de Asahikawa. Il pleut… encore 180 km. Vais-je trouver un camping? Je vois d’ete les paysages que j’ai vu en hiver lors de mon homestay a Wassamu. Petites montagnes, plaines cultivees qui se font plus rares en avancant vers le nord. Tiens! Un accident de voiture (PM 6:43). Voiture renversee, pompiers, secours s’occupent de decouper la tole pour extraire les passagers coinces. Il pleut… Un match de football, Irak – Portugal, a la tele. Faut le faire! Ah… Les Jeux Olympiques! N’empeche, l’Irak a gagne 4-2. Bravo les Irakiens et a bas les Portugais mauvais perdants pour le coup. Les Japonais semblent accorder beaucoup d’importance aux JO je trouve. Il fait deja nuit depuis 2 heures quand je debarque, et je pars a la recherche du terrain de camping municipal pour planter ma tente et me coucher (ch’uis creve moi!). Il est a une bonne demi-heure de la gare routiere, sur les hauteurs de la ville. On y penetre en passant par un temple. Je monte ma tente sur un terrain meuble et me couche sans tarder.

Le lendemain, je me leve dans une aube magnifique! Le ciel est completement degage, ce qui signifie que l’Ile de Sakhaline sera visible depuis le Cap Soya, la pointe nord du Japon. Elle l’est deja d’ailleurs depuis les hauteurs du camping. Petite precision sur ma localisation geographique :

Wakkanai est en fait dans une sorte d’anse dont le sommet est est le Cap Soya, l’endroit le plus au nord du Japon (je sais je me repete, mais dans le contexte japonais, ce concept attire les foules!), et a l’ouest nous avons un autre cap, le Cap Noshappu (a ne pas confondre avec le Cap Nossappu, la pointe extreme est du Japon, situee toujours sur Hokkaido, mais vers Nemuro), duquel l’Ile de Rebun et l’Ile de Rishiri sont visibles, en plus de Sakhaline bien sur. En attendant, je redescends vers la ville pour visiter cet endroit hors du commun, surtout pour celui qui aurait une image du Japon figee dans le quartier de Gion a Kyoto par exemple.



Le temps n’est t-il pas magnifique? Premiere grosse surprise en arrivant dans le centre ville, les panneaux sont desormais trilingues! La proximite de la Russie aidant, beaucoup de pecheurs venant de Sakhaline font souvent escale dans le nord du Japon et donc plus particulierement a Wakkanai, dont la position strategique assure un developpement consequent de son economie maritime. Cependant a l’heure actuelle, ces pecheurs originaires de Russie se font plus rares…

Ci-dessous, l’agence locale de ma banque, la Hokkaido Bank! Je peux me vanter d’avoir fait “le retrait d’argent le plus au nord du Japon”.

Ah, voici une autre specificite regionale : les uyoku dantai. Ce sont des activistes d’extreme droite qui militent (entre autre) pour le rattachement des Iles Kouriles au Japon, occupees par la Russie actuellement. Ils sont tres presents au nord et a l’est de Hokkaido. Bien sur ce genre de camionnettes se trouve dans tout le pays, mais ici je pensent qu’ils militent quasi-exclusivement sur la problematique des Iles Kouriles.

Je fais un peu de stop en direction du Cap Soya, qui est quand meme a une vingtaine de kilometres au nord. Une gentille famille m’embarque, et je foule donc ce sol mythique (a remettre dans le contexte “tourisme a la japonaise” bien sur!) quelques instants plus tard.

Sakhaline est visible au loin, a environ 40 kilometres (desole mon appareil photo d’alors est vraiment pas tip top sur le zoom) :

Voici le monument qui orne le Cap Soya. D’inspiration definitivement sovietique, vous en conviendrez. Ce qui contraste fortement avec le fait que tout ceci est bien au Japon.

A cote du monument, voici une statue d’un personnage emblematique de la geographie japonaise : Mamiya Rinzo (1775 – 1844). Pendant la periode Edo, il a ete charge par le shogunat Tokugawa d’explorer et de cartographier le nord du Japon ainsi que l’Ile de Sakhaline (qui s’appelait alors Karafuto). Il a notamment decouvert que Sakhaline etait en fait une ile, et donc non rattachee au continent asiatique.

Un peu en retrait on trouve ce genre de panneau indiquant les distances vers quelques destinations remarquables. Ainsi, je suis a cet instant a 10639 kilometres de Grenoble, 4845 kilometes d’Anchorage (!), et 2849 kilometres de l’ile la plus au sud de l’Archipel d’Okinawa. Et oui, le Japon est un pays de pres de 3000 kilometres de long…

Un monument americano-japonais pour commemorer je ne sais quel traite de paix :

Voici une sorte de grue en beton, qui symbolise egalement la paix, a la maniere des grues en papier (origami), devenu symbole d’Hiroshima et de la paix nucleaire. Bon ici, le contexte nucleaire n’y est pas, mais l’architecture encore une fois bigrement sovietique connote fortement la Guerre Froide.

Wakkanai, l’autre pays de la Hollande. Ci-dessous vous pouvez voir le debut des prairies infinies du Sarobetsu National Park.

Je reviens ensuite sur Wakkanai, et en fin d’apres-midi et un passage fort agreable dans un sento (bain public japonais), j’ai une subite envie d’aller apprecier le coucher du soleil sur la pointe nord ouest de la ville : le Cap Noshappu. Un port de peche se trouve a cette extremite de l’anse de Wakkanai.

Voici le Cap Noshappu. Je suis reste assis sur la jetee pendant plus d’une heure, regardant progressivement le soleil descendre a l’horizon, regardant les gens se rassembler pour prendre des photos de cet instant, ou bien manger une bonne creme glacee. Je me sens un peu seul mine de rien au milieu de tout ces couples.


Enfin, demain, c’est cette forme conique ci-dessous qui accueillera mes pas et ceux de Zlathy que je suis sense recuperer dans une heure a la gare routiere. Il s’agit de l’Ile de Rishiri, qui fait partit du Sarobetsu National Park. La randonnee qui escalade son sommet, le Rishiri-zan (un pic volcanique a 1721 metres), est fortement reputee.

Le soleil est maintenant couche et je dois me presser vers la gare routiere sinon Zlathy va poireauter, mais je ne resiste pas a la beaute des couleurs de ce crepuscule d’ete :

Ce n’est pas une montagne au loin sur la terre ferme, mais bien le Rishiri-zan qui depasse du toit de ces maisons :

Enfin quelques lampions ornant les abords d’un temple, comme pour me prouver que non, je n’ai pas encore quitte le Japon. Le matsuri d’ete semble etre passe ; cette image pour moi symbolise vraiment l’ete au Japon.


Enfin pour finir, une photo pour les “densha otaku”, litteralement les “ferus de trains”. Il s’agit de la pointe nord du reseau ferroviaire du Japon. C’est ici que les trains s’arretent.

Je recupere Zlathy a la gare routiere et apres un bon diner de yakisoba a 100 yens du conbini Seicomart, une bonne nuit s’impose pour etre en forme demain. La decouverte de l’Ile de Rishiri nous attend.
tinou



[...] J’etais deja venu a Wakkanai en 2004, pendant les JO egalement (je me souviens des epreuves de natation qui etaient diffusees a bord du ferry reliant Wakkanai a l’ile de Rishiri). Rien a change, il pleut a verse et trouver un abris pour la nuit n’a point ete chose aisee, mais un petit business hotel des familles m’a sauve. Le camping, c’est cool quand il ne pleut pas a saut comme aujourd’hui, et ca m’embetait egalement d’emmener une tente mouillee avec moi en Russie. Apres avoir recupere de ma nuit blanche dans le train, c’est enfin le depart. [...]
By: Iles Kouriles - Vers le nord et Yuzhno-Sakhalinsk « 放浪日記~carnets bohèmes on September 17, 2008
at 11:40 am